Biographie

1917 Photo officielle de Maréchal de France
MARECHAL JOFFRE

Joseph, Jacques, Césaire, Joffre est né dans cette maison, devenue musée, le 12 janvier 1852.

La famille est nombreuse, laborieuse et enracinée dans Rivesaltes. Ses 2 parents, ses 4 grands-parents, ses 8 arrières-grands parents sont tous nés, mariés et morts dans cette ville. Elle est représentative de l’émergence des classes moyennes tout au long du 19ème siècle.

Le père, d’abord apprenti tonnelier chez son frère, crée son propre atelier de tonnellerie avant de se tourner vers la culture de la vigne et acquérir l’aisance nécessaire à l’éducation de ses enfants. De ses 11 enfants, dont Joseph est l’ainé, 6 parviendront à l’âge adulte et feront des études supérieures.

Le catalan est la langue du foyer, le français celle des affaires et des études.

à l’école Polytechnique 1869

Elève brillant il est formé à l’école de Rivesaltes, fait ses études secondaires au collège de Perpignan (actuel Lycée Arago) et prépare au Lycée Charlemagne de Paris la prestigieuse Ecole Polytechnique où il est reçu à 17 ans, 14ème sur 132, le plus jeune de sa promotion. A sa sortie, il choisit l’arme du Génie.

Pendant la guerre franco-prussienne il est affecté à la défense d’un fort parisien qu’il finit par commander, son capitaine étant devenu fou.

Détaché à l’école d’application de l’artillerie et du Génie à Montpellier, il passe lieutenant le 1er avril 1874. Trois jours plus tard, son épouse Marie-Amélie meut en couches. A 22 ans il se retrouve veuf et seul.

Chef de Bataillon 1889
Lieutenant en 1872
Colonel 13 août 1897

En 1876, le capitaine Joffre est affecté à des travaux de fortification à Pontarlier dans le Jura puis à Montlouis dans sa région natale comme chef du Génie.

Il se distingue ensuite particulièrement en Extrême-Orient à Formose et au Tonkin puis à Tombouctou qu’il conquiert et à Madagascar où il aménage la ville de Diégo Suarez (Antsiranana) en point d’appui pour la flotte.

Général 12 octobre 1901

Généralissime de l’Armée Française au début de la Grande Guerre, il remporte, à l’issue d’une manœuvre en retraite ordonnée, la Victoire de la Marne qui sauve Paris et la France (6-11 septembre 1914). Cela lui vaut une immense popularité internationale.

Élevé à la dignité de Maréchal de France, il conduite début 1917 avec Viviani la mission française aux USA et hâte par ses conseils et son prestige la création puis l’envoi du corps expéditionnaire américain en Europe qui contribue largement à l’issue victorieuse de la Grande Guerre.

En décembre 1918, il est élu à l’unanimité des 23 votants à l’Académie Française (d’où l’expression devenue courante d’ « élection de maréchal »).

Invité en 1920 à présider les jeux floraux de Barcelone, il y reçoit un accueil triomphal et sera célébré comme « Catalan universel » par les poètes et les hommes politiques de Catalogne.

Palais de la Generalitat 1er mai 1920

A la demande du gouvernement français, il entreprend, fin 1921, un voyage en Extrême-Orient afin de remercier les pays (Japon, Chine, Thaïlande) qui avaient participé à la guerre au coté des alliés, rendre au prince héritier Hirohito la visite officielle qu’il venait d’effectuer en France, et faire pièce à la visite que le prince de Galles entreprenait dans la même région. Bien sur l’Indochine lui réserve un accueil exceptionnel de faste et de solennité.

Ce voyage qui dure 6 mois, lui permet d’effectuer (après celui qu’il avait fait en 1888 comme capitaine à son retour du Tonkin) un second tour du monde.

Il meurt à Paris le 3 janvier 1931.

Le président de la République Gaston Doumergue demande qu’il ait les mêmes funérailles nationales que Foch. Elles se déroulent le 7 janvier en présence d’une foule considérable.

Les chambres réunies votent une loi « Joseph Joffre, maréchal de France, a bien mérité de la Patrie. »

Il repose à Louveciennes près de Paris dans sa propriété de la châtaigneraie.

Tombeau à Louveciennes. Yvelines (78).

La bataille de la Marne

« Je ne sais pas qui l’a gagnée mais je sais bien qui l’aurait perdue »,

c’est par cette boutade, accompagnée d’un sourire malicieux, que Joffre répondait aux interlocuteurs lui demandant qui était le  » Vainqueur de la Marne ».

Au milieu des années 20 des voix s’élèvent pour revendiquer la paternité de cette victoire et minorer l’action de Joffre.

L’un, à gauche, a retraité avant d’en recevoir l’ordre et ainsi sauvé son armée, l’autre, à droite, a bloqué l’offensive allemande à la trouée des Charmes et tenu devant Nancy, permettant que la bataille ai lieu, un troisième, au niveau de Paris, a vu l’inflexion de l’avancée de l’avant-garde ennemi et le parti à en tirer….., tout ceci est exact et chacun s’attribue alors la paternité de la victoire.

Il n’en reste pas moins qu’après la défaite des frontières, Joffre est seul à affronter avec son calme et sa détermination une situation que beaucoup pensent désespérée.

Les allemands, sans tenir compte des traités internationaux, ont envahi  la France en passant par la Belgique neutre.

Alors que le gouvernement s’est replié à Bordeaux avec l’or de la banque de France, que les collections du Louvre ont trouvé refuge à Toulouse, que 500 000 parisiens ont fui la capitale en prévision d’un siège comme en 1870, Joffre est seul à prendre le 25 août la décision de la retraite, il crée la VIème armé Maunoury à l’extrême gauche du front, la IXème de Foch pour boucher l’intervalle entre le Vème et la IVème armée, il relève 162 généraux de tout grade et, en 15 jours de retraite ordonnée modifie l’équilibre des forces en faveur des français et surtout convainc les Anglais à prendre part à la contre-offensive.

C’est la première fois que de Paris à Verdun, sur un front de près de 300 kilomètres, 2 millions d’hommes s’affrontent. Chacun sait que de cette bataille dépendra  l’issue du conflit. Chacun y jette ses dernières forces, l’exemple le plus emblématique est les taxis de la Marne où 700 taxis, réquisitionnés par Gallieni, transportent 5 500 hommes de la garnison de Paris sur le front.

La bataille durera 7 jours et sera une victoire indiscutable, le plan Schlieffen qui devait anéantir l’armée français a échoué.

Cela vaut à Joffre une popularité internationale immense.

La vie du maréchal JOFFRE par le général A. CORTALE

Rediffusion de l’ émission du 22 juillet 2012 « La demeure catalane du maréchal Joffre » avec l’ aimable autorisation de Canal Académie.